Fibromyalgique, elle gagne contre sa mutuelle

Nouvelle de Belgique

 

HOTTON - Le tribunal du travail de Marche-en-Famenne a donné raison à Nathalie Hautrive. Sa mutuelle ne voulait pas reconnaître sa maladie.

«C’est un soulagement pour moi!» Malgré la maladie et ses symptômes quotidiens comme des douleurs musculaires et articulaires, Nathalie Hautrive s’exprime avec un petit sourire. Depuis quelques semaines, une incapacité de travail de 66 % lui est reconnue. Ce courrier signé de sa mutuelle, elle ne l’a pas obtenu sans mal!

Cette maman de deux enfants, atteinte de fibromyalgie depuis 2004, a choisi de saisir la justice. Incapable de travailler régulièrement à cause de sa maladie, elle a été exclue de sa mutuelle en février 2011. Inacceptable, à ses yeux.

Avec son syndicat, elle intente une action devant le tribunal du travail de Marche-en-Famenne. La justice va lui donner raison et annuler, en 2012, la décision administrative de la mutuelle. «J’ai encore dû patienter quelques mois, notamment avec les délais de recours», souligne-t-elle. Aujourd’hui, le jugement est définitif, même si elle devra repasser une visite chaque année. «Je suis déjà très satisfaite car c’est une reconnaissance pour moi. Je peux comprendre que l’on souhaite ce contrôle annuel.»

Changer le regard sur la maladie

Cette habitante de Hotton n’hésite pas à le dire : le regard sur la fibromyalgie doit évoluer. «Les personnes atteintes de cette maladie ne fabulent pas. J’appelle à un changement de mentalité, y compris chez certains médecins qui sont des fibrosceptiques».

Pour statuer, le tribunal du travail s’est surtout appuyé sur le rapport d’un médecin expert, qui a conclu «à la présence d’un tableau fibromyalgique», dans le chef de la patiente. «Pour moi, d’autres problèmes de santé s’ajoutent. Mais je constate que l’on avance très difficilement en termes de reconnaissance de la maladie. Une autre personne est actuellement confrontée au même problème avec sa mutuelle», enchaîne Nathalie Hautrive. «Nous ne racontons pas de bêtises. Je ne vois malheureusement pas d’évolution, au niveau d’une proposition de loi déposée il y a un plus d’un an déjà.»

Pas la fin de tout

Elle estime par ailleurs que le Luxembourg est assez démuni sur le plan des soins et de la gestion de la douleur. «Les déplacements, ce n’est pas facile et ça entraîne une grosse fatigue», constate-t-elle. Son cas est en plus particulier : les traitements médicamenteux pour soulager certaines douleurs ne lui conviennent pas.

Cela n’empêche pas Nathalie Hautrive de se battre au quotidien, et de sensibiliser le grand public. «Je n’ai vraiment pas peur d’en parler. Il le faut! Mon action en justice, avec le syndicat, démontre aussi qu’une décision négative ne doit pas être considérée comme la fin de tout», conclut-elle.

 

 

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