Poésie et fibro

-->


Dame fibro

Voila des années, des mois, des jours que je n'ai plus vu le soleil,
Que t'ai-je donc fait pour me poursuivre jusque dans mon sommeil?
Inlassablement, tu pétris mon corps sans aucun remord,
tu ne me laisses aucun répit me lacérant comme un toréador.
Est-ce la nuit ou bien le jour,je ne sais plus, j'ai mal partout,

C'est dans ma tête, dit le docteur, mais moi je vis dans la douleur.
Marchez Madame, faites du sport. Sera t-il mon accompagnateur?
Bouger me fait hurler, monter, descendre c'est à pleurer,
mes bras me lâchent, ma tête aussi, il m'arrive de tout oublier.
Mais qui donc comprendra ce mal qui me ronge et qui ne se voit pas?

La tendresse, la vie amoureuse, croyez-vous que je suis heureuse?
Les caresses, les câlins sont pour moi plaies douloureuses.
Il n'a pas compris, il n'a pas eu la force, il est parti.
Mais Maman, tu es toujours couchée, m'ont dit les petits,
ils ne savent pas combien Maman voudrait être forte pour eux.

Dix années ont passé, sans connaitre le pourquoi de cette atrocité.
Vous faites la grippe! Vous avez un virus! Mais j'en ai fait des milliers
avant qu'un jour ne tombe le bon diagnostic me condamnant d'un ton lyric.
D'accord, j'ai la fibro, qu'allez-vous faire pour moi maintenant?
Maladie orpheline, Madame, il faudra vivre avec des médicaments.

Merci mon Dieu, je suis bien-soignée à présent,
mais combien de mes soeurs peuvent en dire autant?

 

Maribel novembre 2010






Tu étais inscrite dans mes gênes
Bien avant que tu ne me tiennes
Otage d’un corps de douleurs
Frappant nos familles de malheurs
C’était un matin de septembre
Quant à mon corps tu t’es déclarée
Broyant un à un tous mes membres
Comme si une guerre m’avait frappé
Depuis je vis dans l’ignorance
De ce dont demain sera fait
Depuis je vis entre souffrance
Et petites batailles remportées
Tu brouilles mon esprit de fatigues
Laissant devant nous tant d’intrigues
Reconnaissance bien tardive
Merci la France pour ces dérives
Blessures d’errances médicales
Qui s’ajoutent à tant de batailles
Je sens comme une carapace
Qui s’épaissit de jour en jour
Trop souvent mordue par la glace
De mains tendues j’attends secours
Mais toujours seule je dois me battre
Ou bien changer de continent
Car nous sommes milliers à combattre
Nous n’attendrons pas gentiment
De rêves fous et de passions
Nous resterons tous les gardiens
Luttant contre les afflictions
Avec espoir mais sans dédain
Afin qu’un jour sur grand écran
La science nous annonce le mot: FIN.