C'est trop beau

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C'est trop beau

Il se peut que vous ayez du mal à vaincre le doute et la peur, que vous soyez ce que les médecins appellent "un anxieux".
Vous vous fabriquez à coeur joie des sujets de tourment. Tel cet ami que je vis arriver un soit si peu en train pour dîner que je finis par lui demander: "Qu'est-ce qui ne va pas?"
Mais tout va bien, trop bien, si bien que j'en suis inquiet...C'est aujourd'hui le jour de ma vie où j'ai le plus gros chiffre d'affaires, et je ne demande quelle tuile va me tomber sur la tête...
Je maîtrisai un éclat de rire, car il faut traiter les anxieux avec beaucoup de circonspection.

Si vous êtes de ceux à qui la joie fait peur, et qui, à plus forte raison, dramatisent la moindre anicroche; si lorsqu'un être aimé est en retard d'un quart d'heure vous l'imaginez à la morgue; si vous vous torturez pour un non, et même pour un oui; si, aussitôt que vous avez mis une lettre à la poste, vous croyez avoir écrit l'adresse de travers; si vous vous relevez la nuit, persuadé d'avoir laissé la porte ouverte: pour toutes ces raisons-là, et mille autres, vous êtes un anxieux ou une anxieuse.


Vous avez besoin plus que quiconque d'apprendre à créer des pensées-force, des pensées-germes de joie et de confiance, à vous brancher sur les ondes heureuses. En même temps que vous vous forcerez à appliquer les lois, il n'est pas négligeable d'aller voir unmédecin: vous n'êtes pas encore prêt à vous soigner seul, et l'anxiété se soigne.
Ne faites surtout pas de cette idée de l'anxiété un nouveau sujet d'angoisse, ne vous répétez pas du soir au matin: je suis un anxieux"; cette sorte de déficience, du fait même qu'elle est décelée, est à moitié guérie.


Il faut commencer par ne pas s'y complaire. Affirmez: tout est bien.

Marcelle AUCLAIR, le livre du bonheur