Barrage de la Gileppe

 

Le barrage de la Gileppe

Le lac de la Gileppe, situé dans la partie orientale de la forêt du Hertogenwald, est essentiellement alimenté par la rivière du même nom et le ruisseau du Louba (ou Raboru). La paroi du barrage de la Gileppe, de type poids, est la plus ancienne d'Europe. L'inauguration du barrage a eu lieu le 28 juillet 1878 par le roi Léopold II. La capacité de contenance du lac était de 12 millions de mètres cubes, et portée à plus de 13 millions de mètres cubes après aménagements des déversoirs suite à la sécheresse de 1921. La superficie était de 86 hectares.

Le barrage a été rehaussé de 10 mètres dans les années 1967-1971,(début le 1er mars) utilisant désormais la technique du barrage-pression. La retenue a été vidée en janvier 1969 et la ville de Verviers alimentée en eau à partir du réservoir d'Eupen. La capacité de la retenue est de 26,5 millions de mètres cubes, pour une superficie de 130 hectares. Comme le barrage d'Eupen, il est utilisé pour la production d'eau alimentaire. Son affectation première était l'alimentation en eau de l'industrie lainière de Verviers. Les artisans souhaitaient en effet bénéficier d'une eau de meilleure qualité et surtout d'une régularité. L'industrie lainière d'Eupen, à l'époque prussienne et située en amont sur la Vesdre, utilisait en effet en premier de l'eau pure de la rivière.

Deux tours de prise d'eau d'une hauteur de 75 mètres sont sises dans le lac à proximité du barrage. Elles permettent un captage d'eau plus pure, à distance des berges et surtout un captage à des hauteurs différentes ce qui permet d'avoir accès à la meilleure eau du moment.

La centrale hydro-électrique récupère l'énergie de la chute d'eau qu'il y a entre le point de captage et la vallée (42,9 m) avec un débit moyen de 76 300 m²/jour (0,88 m³/s) soit un potentiel hydraulique de (370 kW) le débit peut varier de 0,80 à 1,00 m³/s. Cette centrale est composé de deux turbines de 430 CV (321 kW) alimentant chacune un alternateur triphasé fournissant l'énergie sous une tension de 6000 volts. La production annuelle totale de la centrale est de 3 300 000 kWh.
Vue en contreplongée du barrage.

Un lion monumental de 13,5 mètres de haut et d'un poids de 130 tonnes orne le barrage, fixant la frontière prussienne, distante d'environ 5 kilomètres à l'époque de la construction du barrage. Il est l'œuvre de Félix Antoine Bouré, et est taillé dans des éléments de grès tendre de la vallée de la Sûre.
Particularités hydrographiques

* En Gileppe supérieure, à peine quittée la zone fagnarde, le ruisseau reçoit les eaux du fossé Bouvy au lieu-dit « les Biolettes. » Creusé du temps de la « querelle des eaux » avec Eupen, ce drain permet de recueillir des eaux qui auraient dû alimenter le bassin de la Vesdre supérieure.

* Le barrage reçoit également l'eau de la Soor (bassin de la Helle, Vesdre supérieure) par le Tunnel de la Soor, creusé de 1950 à 1953. Celui-ci permet ainsi d'ajouter aux 34,3 km² du bassin versant de la Gileppe les 20,9 km² de celui de la Soor. Un petit barrage de type gravité, peut ainsi dévier une partie du cours de la rivière pour alimenter le lac par un tunnel creusé sous la crête séparant les deux bassins. Le tunnel lui-même est long d'environ 2,5 kilomètres pour 2,30 mètres de diamètre, débouchant sur le lac au lieu dit Trou Malbrouck[1].

Lors de la construction du tunnel, le 8 juillet 1952, un brutal orage sur le plateau coûta la vie à huit ouvriers, sept italiens et un belge, ayant décidé de revenir vers la Soor par le tunnel lui-même. Ils périrent engloutis, le débit étant passé à 70 m³ par seconde dans le tunnel suite à un orage sur le plateau. Une plaque commémorative figure à proximité de l'issue aval du tunnel.












 
 
 
Le déversoir

 

Stations de pompage

 

Le lion

 

En route vers le lion