A mon père

 

A mon père


Ils s’inventent une vie qu’ils n’ont pas poursuivie
Cœurs usés, cœurs âgés, ils se retrouvent seuls
Ils courbent le dos, ne dépassant plus le seuil.
Pensent-ils encore à leur vie passée ?
Ont-ils eu des enfants, un conjoint très aimant ?
Ils ne savent plus, car ils se sont tus,
Leur mémoire a flanché, leur vie a balancé.
De paysage, ils n’ont plus que des gens de leur âge
Dans ce décor si triste il n’y a plus que balisage.
La roue du temps a cessé de tourner,
Ils vivent au rythme des repas,
A défaut de ne pouvoir faire quelques pas.
De temps en temps, un moment de survie,
Ils se souviennent qu’ils ont eu une autre vie.
Etait-ce vérité ou irréalité ?
Pour eux cela n’a plus d’importance,
Ils vivront dorénavant leur déchéance.
Voir leurs enfants ne les fait plus sourire
Seraient ils devenus des pince-sans-rire ?
Les enfants sont devenus les parents
De leurs pauvres parents devenus enfants.
Dans un dernier regard ils partiront hagard
Vers un autre ailleurs, un autre meilleur.

Maribel, 9 octobre 2010


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