L'homme devenu poète, (pastiche)

 

Pastiche du "Loup devenu berger" de Jean de la Fontaine

 

L'homme devenu poète

 

Un homme, qui commençait à avoir un peu d'idées
Au sujet de la poésie,
Crut qu'il fallait prendre quelques plumes effilées,
Et changer complètement sa vie.
Il laisse pousser sa barbe et ses cheveux,
Fait sa plume hors d'un crayon,
Et prend une page bleus.
Puis s'habille en haillon,
Il aurait volontiers écrit sur son chapeau :
C'est moi, le meilleur, je suis Rimbaud.
Son égo étant aussi fort
Et son esprit devenu mort,
Rimbaud le trompeur entre dans le bar
Du vrai Rimbaud, étendu sur la banquette,
Dormant alors comme un renard.
Verlaine dormait aussi, tout comme sa musette :
Presque tous les clients dormaient également.
Le faux poète les ignora,
Et pour pouvoir enfin prendre un bon repas,
Il voulut manger goulument,
Chose qu'il ne fallait pas faire,
Car cela gâta son affaire.
Il ne put du poète écrire les rimes,
Les mots qu'il écrivit n'eurent point d'estime,
Tous découvrirent l'imposture.
Chacun se réveilla à ses mots,
Rimbaud, Verlaine virent la fissure.
Le pauvre homme, dans ce tripot,
Ennuyé par ses cheveux,
Fuit très loin de leurs yeux.
Toujours pour une envie fausse se laisse prendre
Quiconque est homme agit en homme;
N'est pas poète qui veut en somme.

© Maribel, le 9 décembre 2012

 

 

retour.jpg