Le sot et la folle





Le sot et la folle


Le sot ayant chanté tout l'été
se trouva, ma foi, bien enroué
quand l'automne fut venu,
plus qu'un petit son ténu
ne lui sortait de la gorge.
Il alla chez la voisine,
folle pleine de vermine,
la priant de lui prêter
sa voix afin de chanter,
d'un son aussi fin qu'un fil.
Je te la rendrai, dit-il,
avant l'hiver, foi de moi,
je resterai en émoi.
La folle n'est pas prêteuse
mais hélas est amoureuse.
Que faisiez-vous tout là-haut?
Dit-elle, à ce jeune sot.
La nuit, le jour et la veille
je chantais pour vous, ma belle.
Vous chantiez? suis mal à l'aise,
gardez la, je vous la laisse.

Moralité

il y a toujours plus fou que soi

retour.jpg