La veuve malheurs (poème sonore)

 

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La veuve malheurs

 

 

Dans le village on la nommait la veuve,
On l'appelait aussi Dame Malheurs.
Venant de nulle part où d'ailleurs,
Sa vie était digne d'un roman-fleuve.

Son mari jamais revenu de la guerre,
Elle vivait comme s'il était là.
Sur la table restait son sous-verre,
Pourtant la bière n'y viendrait pas.

Elle avait eu un fils et une fille
Tous deux restés dans la grande ville,
Ils avaient oubliés leur pauvre mère.
On apprenait tout grâce à la commère.

La bouchère ne la voyait guère,
La veuve élevait un cochon par an,
Faisant son potager comme naguère
Avec toujours le même cardigan.

Une fois par mois passait le facteur,
Une lettre à la main pour son bonheur.
Elle vivait dans sa solitude,
Chaque geste devenu habitude.

Pourtant un matin un homme arriva,
Son pardessus avait très belle allure,
D'une main ferme à la porte il sonna
La veuve lui fit très belle figure.

Depuis ce jour, on ne vit plus la veuve.
Plus de cochon, plus de jardinage,
Dame Malheurs a fait un héritage.
Commère l'a vu traversé le fleuve.

Maribel, le 26 mars 2012 ©

 

 

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