L'aéroport Brussels airlines (humour)

 

Ce texte écrit avec humour est véridique

 

L'aéroport

Dimanche, cinq heures du matin sur l'autoroute vers l'aéroport de Bruxelles, le jour se lève et le soleil
apparait à l'horizon. Circulation très fluide tout va bien. Soudain, de grosses douleurs dans le ventre et pas de station d'essence avant des kilomètres, donc pas de toilette non plus. Le cas est sérieux, il faut que je m'arrête en urgence.
Un arrêt borne téléphonique fera l'affaire. Je sors de l'auto, me transforme en autruche et derrière la berne je baisse la tête et...mon pantalon.
Je ne vous décris pas la suite, je suis soulagée mais sûrement rouge comme une pivoine.
Nous reprenons la route, tout va mieux, nous arrivons à bon port...à l'aéroport.
Ah, j'ai oublié de vous dire que je reconduis mon amie québecoise ...qui s'en retourne à Montréal, elle ne le chante pas, l'émotion du départ est trop forte.
Je trouve aisément une place de parking et aussi vite un caddie pour bagages laissé par un voyageur.
Il n'est pas encore 7 heures mais il y a déjà du monde dans l'aéroport.
Ma québecoise demande à s'asseoir un instant et je m'en vais chercher le bureau d'Air Transat. "Il n'y en a pas, vous saurez tout au guichet d'embarquement des bagages."
Le guichet est ouvert, une dame style gendarme mais aimable nous accoste et demande le passeport puis nous indique où aller.
Je dépose les bagages : 3 kgs en trop! Evidemment, le chocolat belge, les souvenirs, la bouteille de porto que j'offre au mari etc...
Cela fera 32 €, dit la dame du guichet. Elle appelle son collègue qui fait un reçu pour les 32 €, il les veut en liquide!
Zut, la bouteille de coca est restée dans la voiture, moi je me suis vidée...de mon liquide sur l'autoroute et pas de monnaie pour faire 32€.
"Vous pouvez aller au guichet bancaire" dit le Monsieur aimablement. Direction guichet bancaire: "cette fonction est temporairement impossible" est-il écrit.
Redirection Monsieur aimable (je le précise car les autres c'est pas le cas), "pas de sous, Monsieur, la banque a fait banqueroute !"
Il y en a un autre près des escaliers, me dit-il, vous pouvez y aller. "Merci Monsieur, je vais voir si celui-là peut nous donner 32€".
Vous connaissez un guichet qui donne de la monnaie ? Oui ? Moi pas, mais j'y vais. Je ne sais pas si vous êtes déjà venu à l'aéroport"Brussels Airlines", moi bien, il fait des kilomètres de long! Bon près des escaliers une petite file, cela doit être le guichet bancaire. Euréka, celui-la donne des petites coupures.
Retour chez Monsieur aimable à qui l'on peut enfin donner "du liquide", j'avais 2 euros dans ma poche!
Ma québecoise reçoit son reçu et en récompense sa carte d'embarquement, il nous reste une heure et 15 minutes pour déjeuner et chercher sa chaise roulante réservée par l'agence de voyage. Une dame unpeuaimable redemande le passeport, la carte d'embarquement et nous dit de nous asseoir, ce que nous faisons avec plaisir.
Cinq minutes plus tard, la dame unpeuaimable avec une étincelle dans les yeux me dit "vous accompagnez Madame jusqu'à l'embarquement ?"
C'était pas prévu dans le contrat mais pourquoi pas je mènerais ma québecoise à la bonne porte B89.
Carte d'identité - papier pour passer la douane, merci Madame, pourrait-on avoir la chaise roulante ?
"Bien sûr, elle est dans le couloir ici à côté". Elle aurait pu nous le dire depuis le début, mais enfin!
Un grand bistro ne nous accueille pas mais nous y entrons quand même pour petit déjeuner. Personne ne vient, je vais au comptoir "Non, Madame, quelqu'un va venir prendre la commande."
Dix minutes se passent, plus que 45 minutes avant l'embarquement. Je hèle la serveuse qui passe et repasse en fermant les yeux sur nous "Mademoiselle, y a t-il possibilité de déjeuner dans les 45 minutes qui nous restent"?
"Madame tout le monde est pressé - ouais mais pas les serveurs - venez dans la salle près du comptoir je vous servirais plus vite."
Nous commandons un déjeuner français pour ma québecoise et moi en bonne belge, un déjeuner belge, j'aime pas les déjeuners anglais!
Elle nous apporte aussitôt nos deux petites cafetières de café, évidemment, dans une cafetière on ne met pas du thé....et nous attendons.
Dix minutes plus tard, elle lève les yeux enfin vers nous et s'aperçoit qu'il manque le solide, qu'elle nous apporte avec empressement, cela change un peu du style de ce bistro.
Il est temps de passer la douane, j'voudrais bien mais un gros cône en inox empêche de laisser passer une chaise roulante, le  premier Monsieur de la douane me fait signe de faire le tour et ô miracle nous fait passer devant les autres personnes.
Un tapis roulant et des caisses en plastique attendent nos sacs, ma québecoise passe, tout va bien.
Mon tour arrive, rien dans les mains, mon mouchoir en poche, le reste étant dans le bac en plastique passé avant moi, ça sonne! C'est bien ma chance!
Il faut savoir que les gens de la douane sont sourds et qu'ils parlent en signe, je l'ai appris ce matin. Donc, un monsieur pasaimable du tout me fait signe de reculer, j'obtempère.
Il me fait signe d'avancer, ça sonne, il me fait signe de reculer, puis d'avancer, ça sonne toujours. "Enlever vos bracelets", tiens il parle! Il me fait signe de les mettre dans une petite boite sur le tapis roulant.
Il me fait signe d'avancer, ça sonne toujours; une jeune femme pasaimabledutout me fait signe d'avancer près d'elle avec les bras à l'horizontal: je m'exécute.
La voila qui passe un appareil sur tout mon corps, ça sonne. Comme moi je ne suis pas sourde je lui dis, "Madame je n'ai pas de plaque dans le corps, vous pouvez me déshabiller, je n'ai rien".
La moutarde me monte au nez, elle continue à me palper avec ses mains, alors c'est moi qui reçoit une étincelle dans le cerveau, j'ouvre bien grande la bouche en lui montrant ma prothèse dentaire.
Madame pasaimabledutout sourit ironiquement et cesse de me palper avec le geste dégagez. Ouf!
Nous arrivons sur le tapis roulant qui nous emmène vers la porte B89. Vous ai-je déjà dit que cet aéroport Brussels airlines fait des kilomètres de long? Nous nous laissons guider par le tapis roulant, c'est pas mal comme invention.
Nous ne voyons pas le bout quand tout à coup je vois un panneau sur la droite "de B80 à B98", un ascenseur nous attend, je ne sais pas vous dire si l'ascenseur montait ou descendait mais il s'ouvre près de la porte B89 qui est celle prévue pour l'embarquement vers Montréal. Que vois-je? Une pancarte Yavesbeftciat, quelque chose comme ça, pas de Montréal, pourtant ma québecoise a bien sur son papier B89 Montréal.
Un monsieur amorphe dans son guichet me répond que "cela vient de changer, Madame, il faut aller au B84". Allez, Maribel, la marche c'est bon pour la santé!
La madame assezaimable d'Air Transat est devant le guichet, oui, c'est comme à la poste, des guichets partout, partout; la madame reredemande le passeport et la carte d'embarquement et moi je lui demande si quelqu'un peut prendre en charge ma québecoise jusqu'à l'avion.
Un coup de téléphone, et apparait une beau jeune bronzé toutsourire prêt à emmener ma québecoise vers l'avion. Gros gros becs, grosse émotion, petites larmes et "tot ziens ma québecoise." (au revoir, en néerlandais)
Quand un gros problème se pose à moi: je suis dans les départs, sensée prendre un avion, comment vais-je pouvoir sortir saine et sauve de ce labyrinthe? En principe, je ne vais pas trouver "sortie" même si je suis en Belgique, car la Belgique est accueillante et tout...est écrit en english!
Il est bien connu que les belges sont TOUS polyglottes! Moi pas! Heureusement, je connais le mot "EXIT", non ce n'est pas ce que vous pensez.
Je reprends l'ascenseur, j'évite le tapis roulant au cas ou l'EXIT n'y serait pas, en effet, au-dessus d'une toute petite porte je vois écrit en grand EXIT, des escaliers m'amène à la réception des bagages!
Comme je ne suis pas née d'hier, je me dis dans ma petite tête pensante "si tu suis les gens avec leurs bagages, tu arriveras à la sortie.
Ainsi dit, ainsi fait, mais moi je me retrouve à "ARRIVEES" alors que je viens des "DEPARTS"! Il y a 5 étages, allez savoir pourquoi.
Je me renseigne et je dois reprendre un ascenseur et monter d'un étage. OUF me voici à l'air libre, il n'y a plus qu'à retrouver ma voiture.
Je vous l'ai dit, je ne suis pas née d'hier - mais j'oublie tout - alors avant de quitter ma voiture j'avais noté sur un papier le nom du parking, l'étage et le n° de mon allée. Ma voiture était bien là, contente de me revoir.
Zimboum, musique, clim, tout roule sur le ring, quelle aubaine! A peine eu-je mis une roue sur l'autoroute de la mer que j'eus envie de rentrer dans l'aéroport!
Des voitures à perte de vue sur trois bandes roulant au pas et s'arrêtant, repartant un mètre, s'arrêtant - cela sur 147 kms qui auraient du se faire en 1h23 (m'a dit Mappy) mais qui a duré 3h15.
Toute la Belgique, la Hollande et l'Allemagne se sont donnés rendez-vous à la Côté belge, le jour où je dois justement conduire ma québecoise à l'aéroport Brussels airlines!


Alors, c'est décidé: je n'irai plus à l'aéroport de Brussels airlines où les genssontpeuaimables et sourds! Je ne comprends pas le langage des signes, je ne suis pas polyglottes!

 

retour.jpg