Les pieds dans le plat

 

 

Les pieds dans le plat

Nous étions à table, j’avais préparé un bon plat de pâtes lorsque le chat vint s’agripper à moi avec ses pattes. Les pâtes ne passèrent plus, ses pattes me griffaient les pieds.
D’une manière impromptue, Marie me dit « tu sais pour faire des vers, il faut compter les pieds. »
Moi des verres à pieds, j’en ai plus qu’il ne faut, ce n’était donc pas un problème pour moi.
Mais j’aurais bien voulu être un mille-pattes pour chasser les pattes de mon chat sur mes pieds.
« Allez, va t-en Minou, tu me casses les pieds, dis-je au chat qui ne s’en souciait guère ».
Elle continuait avec ses vers « tu sais, faire rimer les mots cela demande de compter les pieds ». Là, elle commençait vraiment à me casser les pieds.
Enfin, le chat enleva ses pattes de mes pieds et je pus continuer à manger mes pâtes.
Je lui dis : « tu sais, ces pâtes sentent le munster, tu sais celui qui sent les pieds ? »
Et là, ce fut l’attaque « comment peux-tu parler de pieds quand on mange des pâtes ? »
A ces mots, mes pâtes ne firent qu’un tour de ma fourchette, elles tombèrent à mes pieds.
Le chat bien sur vint y mettre ses pattes et d’une bouchée avala toutes mes pâtes.
Elle continuait « tu sais, j’ai essayé un poème à sept pieds, pas facile avec les dièses et les rèses. »
Du coup, je mis les pieds dans le plat « tu te souviens du poème des amies et des mies, ben la mie elle doit être bien rassie ! »
Ohlala, que venais-je de dire ?
« Tu me feras un devoir sur le verbe avoir » me dit –elle.
« En huit pieds alors ? Pourrais-je parler aussi des pâtes et des pattes ? » lui demandais-je avec un sourire.
Mon minou à ces mots devint très agressif, il lui sauta sur les genoux et de ses pattes lui griffa le visage.
« Quel casse-pieds ce chat, tu devrais lui couper les ongles, d’ailleurs j’ai horreur des chats et de leurs sales pattes » me dit-elle d’un ton furibard.
Mes pâtes firent deux tours sur ma fourchette et cassèrent mon verre à pied.
« Sept ans de malheur » me dit –elle, narquoisement.
« Oiseau de mauvaise augure, cours vite ailleurs avec tes petites pattes » lui répondis-je.
« C’était de l’humour » dit-elle humblement, « venons-en à notre poème à sept pieds.
« Impossible, » lui dis-je, « avec sept pieds il y aura dièses et rèses, il vaut mieux faire des vers à huit pieds, cela chante à l’oreille. Bon, mais alors bouge tes pattes de mon papier, je vais essayer de faire huit pieds, mais on supprimera pâtes et pattes car le E se prononce devant une consonne, cela nous fera perdre des pieds.

Moralité

Si vous ne savez pas compter les pieds
Laissez votre cœur conter