La danse des mots

 

La danse des mots

C'était un jour où il faisait noir, le soleil avait perdu sa clarté et je tournais en rond dans ma chambre carrée.
Les idées trottaient dans ma tête plus vite que moi éclairée par le néon du bar en face.
Face à moi, pourquoi ce néon était-il allumé alors qu'il faisait jour?
Jour après jour, il ne s'allumait que le soir!
Soir après soir, il faisait jour.
Il y avait vraiment quelque chose qui ne tournait pas rond, sauf moi tournant toujours dans cette chambre carrée.
Carrément folle, me dis-je un instant, et je m'arrêtais de tourner.
Tourner en rond pourquoi dans une chambre carrée?
Il y a des jours où on ferait mieux de rester couché.
Couchez, dis-je au chien, qui me tournait autour.
Tour qu'il arrêta sur le champs.
Le Chant du coq se fit entendre.
Entendre un coq dans le noir n'est pas courant.
Courant comme un fou le chien fonça dans la porte.
Porte fermée évidemment, le soir c'est plus prudent.
Prudence, dis-je au chien, va voir ce qui se passe dehors.
Dehors, il faisait noir, le néon s'était éteint.
Eteindre à une heure pareille c'est de la folie.
La folie me guette, je la sens venir.
Venir si tard, vraiment c'est trop tôt.
Tôt le matin passe encore mais pas si tard!
Tardivement, je repris mes esprits qui avaient arrêté de trottiner.
Trottinant, le chien revint la queue en l'air.
L'air plus joyeux qu'au départ, il me lécha la main.
Main qui tremblait comme une feuille.
La feuille que je venais de prendre en main pour écrire quelques mots.
Les mots faisaient silence.
Silence, criais-je au chien, il faut que j'entende mes mots.
Les mots se mirent à danser autour de moi.
Moi, je n'en revenais pas.
Des pas de danse pour des mots, je n'ai jamais vu ça!
Ca va finir mal, dis-je aux mots, et le chien se tut.
Tutute fit le train et je me réveillais en plein jour.

Maribel, le 24 avril 2012

 

 

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