Lui, le SDF

 

 

Lui, le SDF

Hagard, il erre dans les rues
  Par crainte de souiller les avenues.
Son visage est triste, où ailleurs
Dans un autre monde qui serait meilleur.
Toute sa vie est dans ce gros baluchon
Qu'il traine avec lui jusqu'en dessous du pont,
Où ce soir avec les autres ils dormiront.
Il retrouve des amis rencontrés par hasard,
Au détour d'une rue au langage poissard.
Ils boivent un coup de rouge nécessaire à l'oubli
De ce qu'ils étaient avant d'avoir faibli.
Sait-il encore ce qu'il était hier,
Poète, artiste ou garde-barrière?
Il traine aux abords des restaurants
Afin d'y trouver des restes infamants.
Des dortoirs, d'un lit, il n'en à que faire,
Il préfère son chien et ses petites affaires.
De sa famille, depuis longtemps a fait son deuil,
il n'a plus jamais mis le pied sur leur seuil.
D'ailleurs, une famille en a t-il déjà eu une,
Puisque de sa vie n'a connu que l'infortune.
Lorsqu'un banc se présente, il s'allonge et dort
afin d'oublier cette vie et son triste sort.
Où sera t-il demain, peut-être le trouvera t-on
couché sur un carton et déjà moribond.
La vie pour lui n'a pas été généreuse,
lui donnant une existence malchanceuse.

Maribel, le 30 mars 2011


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