Au bord de l'étang

 



photo : l'étang de Monet

Au bord de l'étang…

Ah! je me souviens de ce jour d'avril,
Bien assis tous deux au bord de l'étang,
le soleil était là des plus agile,
Émile au labour, nous deux sur le banc.

Et tout dans le bois était volubile,
les oiseaux, le vent, les branches jubilent.
Un rang de bûches écoutant ce chant
Que l’on dit certain, voir même bruyant

Le merle moqueur, aucune pudeur
chante ses notes claires et fluides,
tandis que nous, tout en parlant des heures,
de faune aquatique, des écocides…

Ah! je me souviens de ce jour d'avril…

Souviens-toi de ce que disait Émile
"j'ai bien ouï le vent tant parler au bois,
il disait du temps qu’il était fragile,
ne laissez jamais passer votre mois"

Toi tu riais tant "moi je suis trop jeune,
j'ai bien pris le temps pour avoir bon temps"
Mais dans tous les bois, les branches dansantes
Parlaient répétaient "trop jeune, trop jeune".

Le doux Émile si beau tout en rouge,
ses beaux grands yeux bleus en nous observant
le regard bien chaud on dit infra-rouge
Bien, s'est retrouvé couché sur le flanc.

Dans l'étang de tous pleurent l'agonie.
Émile sera toujours un poisson,
il nous quitte sans la cérémonie,
et le chant s'est tu dans tous les buissons.

Ah! je me souviens de ce jour d'avril…

Quand lune fume, la nuit, on l’entend
parler aux soucis qu’il avait tant eu.
Était le poisson que nous n’avions plus
Bien assis tous deux au bord de l'étang…

©atouthasard / maribel

décembre 2010

 

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