Sur mon étoile

 

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Sur mon étoile

J'étais sur mon étoile et je regardais ma vie, vue d'en haut c'est gigantesque.
Les images défilaient en écran panoramique et en 3 dimensions, j'avoue que c'était plus beau que je ne l'aurais cru. Oui, j'avais d'une certaine époque de ma vie de très mauvais souvenirs. Ce film a démarré alors que j'étais encore dans le ventre de ma mère. Quelle était douce cette époque. La musique était sereine, on dit maintenant ZEN.
Et ainsi, j'avançais dans ma vie. Tous les moments douloureux étaient représentés par des images fanées... et à ce moment même, je me voyais grandir.
Dès que quelque chose de joyeux arrivait, les images reprenaient de belles couleurs.
De temps à autres, l'image s'arrêtait sur un moment tragique, zut, j'aurais préféré ne pas revoir celle-là, mais je ne ressentais plus de douleur!
A chaque fois, l'image s'arrêtait sur une personne qui avait fait partie de ma vie à un moment ou un autre, la personne s'éclairait comme un phare et je me voyais encore grandir.
De temps en temps, un zoom immense sur moi...là, je voyais la peine que j'avais faite à quelqu'un et j'eus plus d'une fois mal à mon tour.
Bizarrement, les moments de peine n'étaient plus douloureux, je regardais les images avec paix et sérénité.
Je m'aperçus à la longue que je n'avais retenu que les beaux moments mais que les mauvais avaient changé quelque chose en moi.
Lorsque le film s'arrêta, je compris que tout ce qui avait fait partie de ma vie m'avait fait grandir, surtout les plus mauvais moments. Que chaque personne entrée dans ma vie m'avait apporté quelque chose, même ceux qui m'avaient fait si mal.
Je n'étais plus la même personne, mon coeur et mon esprit s'étaient ouvert, tout était devenu si clair. Ma quête du bonheur n'avait été que chimère, le bonheur était en moi depuis le ventre de ma mère. Il avait toujours été présent même dans les moments les plus douloureux. Toujours, il y avait eu quelqu'un à côté de moi pour me tenir la main et je ne l'avais pas vu.
A côté de mes pas, il y avait d'autres pas, je ne marchais pas seule, et pourtant, si longtemps j'avais souffert de solitude!
Durant tant d'années, j'avais eu l'impression de battre l'air comme les ailes d'un moulin. Si longtemps j'avais été stricte et sectaire dans ma façon de penser la vie.
Je compris que tout ce qui était arrivé dans ma vie m'avait rendue plus clémente, j'avais appris la compassion. Plus besoin de battre des ailes, je ne savais changer que moi et accepter ce que je ne pouvais changer.
Oui, j'avais beaucoup grandi durant ma vie, pas pour rien que je pouvais me hisser sur mon étoile.

© Maribel, le 15 avril 2012

 

 

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